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Top 50 des MC's par Hip Hop Cypher (5 à 1)

  • Photo du rédacteur: David
    David
  • 18 janv. 2020
  • 17 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 avr. 2020



Depuis que la fameuse liste anonyme d'un top 50 des meilleurs MC's est apparu sur le net il y a quelques semaines, chacun y va de son classement et donne son avis sur les rappeurs qui méritent d'apparaître sur ce classement prestigieux. Nous avons donc décidé de faire de même et de vous donner notre top personnel.

Avant de commencer, je sais que la musique est subjective, cela dit j’ai essayé d’être objectif autant que possible compte tenu du statut antinomique de cette phrase ah ah ah. Il y a des choix qui vont peut être (sûrement) faire bondir certains, d’autres où vous allez vous dire "ouais là il a raison".


Deux exemples :


1.La présence de LL Cool J dans la liste est dûe à mon côté objectif.


2.Celle très haut de Biggie en revanche, n’est pas due à mon objectivité. Il a changé le game en deux albums dont un double, mais la plupart des américains avec qui j’ai échangé à son sujet pensent qu’il n’a pas sorti assez d’albums. Je m’en fous c’est ma liste.


Dernière précision: ne sont pas inclus les "MC’s" qui ont été attrapés en flagrant délit de faire appel à des ghostwriters. Pas négociable à mes yeux. Donc Kanye, Drake, Mase ("I can make yo shit tighter" de Jay Z c’était pour lui) ou encore Dr. Dre ça ne sera pas la peine de les chercher.


Voici donc la dernière partie du classement:


5.Scarface (Geto Boys,The Product)



The GOAT of the South.

Your favorite rapper’s favorite rapper.

Les surnoms dont est affublé Scarface sont plutôt éloquents quant à son statu de légende du rap.

La Mort (avec une majuscule) est la muse de Mr Scarface, elle occupe les titres de ses morceaux en majorité, personne dans l’histoire du Hip Hop n’a autant et aussi bien écrit sur ce sujet. Certains aiment dire à quel point ils déchirent au micro, ´Face aime parler de la Faucheuse et de son côté inexorable.

Sur "I’m Dead" Facemob imagine le scénario du film de M. Night Shyamalan "Le 6ème Sens" avec 9 années d’avance. Dans ce morceau le narrateur raconte à la première personne le récit qui le voit découvrir à la toute fin qu’en fait il est mort. Des petits indices sont éparpillés pendant le couplet, sa barbe qui reste insensible quand il se touche le visage, son absence de reflet dans le miroir, sa mère qui lui raccroche au nez, etc...

Après avoir enfin compris le concept de ce titre j’ai RÉALISÉ un truc : Brad Jordan est un génie.

Au milieu des années 90 sévissaient des personnages anti gangsta rap, principalement Tipper Gore, et surtout C. Delores Tucker, Scarface l’a remarqué et a décidé de riposter avec un titre anti censure, le superbe "Hand Of The Dead Body" avec Ice Cube et Devin The Dude au refrain.

Un petit extrait ici :


"So now they trying separation

And sending black folks in white coats to infiltrate our congregation

Tapping into our conversation

Saying the message that they give

Bring forth or premeditation

So David's got a silver mag

While listening to Brad, David gets pissed and kills his dad

David Duke's got a shotgun

So why you get upset cause I got one"


Sa place dans le top 5 est pour moi un "no-brainer", une évidence si vous préférez. Sa consistence, sa longévité, et tout simplement ses lyrics qui font passer tellement d’émotions (si vous n’avez jamais écouté "Now I Feel Ya" ou "The Suicide Note", allez y de suite c’est poignant) le rendent unique à mes yeux.

Morceaux notables : "My Mind Playin’ Tricks On Me" avec les Geto Boys, "Mr Scarface Is Back", "I’m Black", "Mind Of a Lunatic" avec les Geto Boys, "Safe", "I Feel Ya", "The Suicide Note", "The World Is A Geto" avec les Geto Boys, "It Ain’t Part 2", "I’m Dead", "Head Of The Dead Body", "I Seen a Man Die".

Featurings marquants : "N 2 Deep" avec Compton’s Most Wanted, "Betrayal" avec Gangstarr, "This Can’t Be Life" avec Jay Z et Beanie Sigel, "Mom’s Praying" avec Beanie Sigel, "Favor For a Favor" avec Nas.

Albums classiques : Grip It : On Tha Other Level (Geto Boys, 1989), We Can’t be Stopped (Geto Boys, 1991), Mr Scarface Is Back (1991), The Diary (1994), The Fix (2002).


4.Black Thought (The Roots)



Je ne crois pas en Dieu, cela dit je crois en Tariq Trotter. Il n’aurait pas pu nous offrir ce freestyle de 10 min si il n’était pas le descendant direct d’une divinité:



Je dois confesser que j’ai mis du temps à voir sa grandeur, mais j’ai finalement ouvert les yeux en grand. Impossible de ne pas l’inclure dans un top 10. Ça fait 26 ans qu’il sort des projets, Organix étant daté de 1993, avec son groupe The Roots et la qualité est toujours là.

On peut toujours argumenter que sa carrière solo n’est pas folle, il a seulement deux excellents (avec Salaam Remi et 9th Wonder) EP’s datés de l’année dernière à son actif c’est vrai, mais il a su rester consistent avec des featurings tous plus dingues les uns que les autres.

"Crowns For Kings" date de cette année, sur le fabuleux The Plugs I Met de Benny The Butcher, là dessus Tariq nous offre un couplet qui défie les lois de la gravité pour un emcee.

Extrait :


"Yo, when we was hooked in the hood, gettin' booked like literature

Kept us shook, like when the boogieman comin' to get ya

We was crooks, tryna cop more rides than Great Adventure

Any image we took, not a father was in the picture

There was times, not a bite nor swallow was in the kitchen

Real n...s made a industry out of they intuition

Facin' the darkest outcome, sprintin' to outrun the reaper

Trying not to be the food in the mouth of the beast

For whom the bell tolls

Crown kings in Adidas suits and shell toes"....


Il commence le couplet avec un double sens ("booked" ressemble à "book" qui veut dire "livre" bien sûr, mais là se faire "arrêter"). Ensuite une référence au boogieman, un célèbre personnage de fiction fantastique, il fait peur principalement aux enfants.

Il explique ensuite avec un autre double sens ("in the picture" veut dire "sur la photo" ET "dans les parages") que sur n’importe quelle image choisie le père était absent, puis nous dit que certaines fois il n’y avait absolument rien à manger dans la cuisine ("Not a bite nor swallow...").

Il explique que les vrais mecs ont réussi à créer une industrie à partir de leur intuition, là il fait clairement référence à la naissance du Hip Hop, puis à son explosion commerciale.

Mais le "hustle" n’est jamais loin et peut amener à la mort qu’ils essaient de semer

("Sprintin’ to outrun the reaper"), ou ça peut être la prison ("Not to be food in the mouth of the beast").

Une petite référence à Ernest Hemingway, ("for whom the bell tolls") suivie d’une autre à Run DMC et par extension au Hip Hop ("in Adidas suits and shell toes").

Black Thought est aussi fort en battle rap que dans un concept, ou lors d’un freestyle. Sa polyvalence est rare et précieuse. Sur "BOOM!" présent sur The Tipping Point il se permet d’imiter Big Daddy Kane et Kool G Rap si bien que certains ont cru qu’ils étaient en featuring sur le titre. Réfléchissez à ça.

En 1996 après que The Roots avaient sorti la vidéo de "What They Do" Biggie lors d’une interview avait exprimé sa frustration par rapport au clip, disant qu’ils l’avaient parodié, il avait aussi dit que l’un de ses morceaux préférés était "Silent Treatment", un solo de Black Thought sur le deuxième album de The Roots. Le gars est en colère contre le groupe mais fait quand même l’éloge de Tariq... L’ultime hommage à mon sens.

Morceaux notables : "Proceed" (The Roots), "Clones" (The Roots), "The Seed 2.0" (The Roots), "Twofifteen", "BOOM!" (The Roots), "Rising Up" (The Roots), "Respond/React" (The Roots), "Dostoyevsky", "Table Of Contents part 1 and 2" (The Roots), "You Got Me" (The Roots), "Silent Treatment" (The Roots), "The Lesson Part 1" (The Roots), "Panic!!!" (The Roots).

Featurings marquants : "Crowns For Kings" avec Benny The Butcher, "Education" avec Freddie Gibbs, Madlib et Yasiin Bay (Mos Def), "Nobody" avec Rapsody, Anderson .Paak et MoonChild, "It’s About that Time" avec Pete Rock et Rob-O, "Diamond Cutters" avec Roc Marciano, "Super Lyrical" avec Big Pun, "Extradite" avec Freddie Gibbs, "Birds Eye View" avec Raekwon, Joey Badass et Statik Selektah.

Albums classiques incontournables: Do You Want More ???!!!! (The Roots, 1994), Illadelph Halflife (The Roots, 1996), Things Fall Apart (The Roots, 1999), Game Theory (The Roots, 2006), Rising Down (The Roots, 2008), How I Got Over (The Roots, 2010).

Projets solos : Stream Of Thoughts vol 1 (avec 9th Wonder), Stream of Thoughts vol 2 (avec Salaam Remi).


3.Nas (The Firm)



Nasir Jones a sorti un album parfait en 1994. Avec une hype provoquée par un featuring all time ("Live At The Barbeque") et un premier single nommé "Halftime" venu d’ailleurs. Désigner un LP avec cet adjectif est rare. Ce fut pour le Emcee de Queensbridge autant un cadeau qu’une malédiction.

Après Illmatic on l’a surnommé le "second coming of Rakim" ni plus ni moins, on le voyait comme le sauveur des rimes pures. Sans gimmick. Juste du talent. Pas de blah blah.

Puis sont arrivés les Source Awards de 1995, là il s’est passé l’impensable, il a rien gagné. Chaque nomination qu’il avait lui sont passées sous le nez. Je pense que sa carrière n’aurait pas été la même si il avait gagné ne serait-ce qu’un seul trophée ce soir là.

Cette funeste cérémonie à pleins d’égards (hello Suge Knight) a eu l’outrecuidance de dire à Nas : "Peu importe tes skills et la qualité de ton taff, tu restes un backpack rapper, si tu ne fais rien pour remédier à ça", en gros il se devait de faire des trucs un peu plus commerciaux ("Streets Dreams Remix" avec R Kelly est un exemple éloquent de ce changement de cap).

L’immense don pour l’écriture du fils à Olu Dara n’a jamais cessé de se voir sur ses albums même avec de nombreux loupés au niveau choix artistiques, exemple ici avec "I Gave You Power" présent sur It Was Written, avant de balancer l’extrait il faut expliquer que sur ce son Nas utilise la personnification, en parlant à la première personne à la place d’un "Desert Eagle semi auto" qui en a marre de tuer, voici les premières mesures :


"I seen some cold nights and bloody days

They grab me and bullets spray

They use me wrong so I sing this song 'til this day

My body is cold steel for real

I was made to kill, that's why they keep me concealed

Under car seats they sneak me in clubs

Been in the hands of mad thugs

They feed me when they load me with mad slugs

Seventeen precisely, one in my head

They call me Desert Eagle, semi-auto with lead

I'm seven inches four pounds, been through so many towns"


C’est tellement détaillé et bien écrit que pour moi c’est le morceau parfait, la grosse différence se fait dans les émotions que ressent l’arme à feu, oui Nas réussit ce tour de magie, nous faire ressentir de l’empathie pour un objet, qui sert à tuer en plus. Avec l’instru de DJ Premier pour accompagner tout ça en bonus.

Ceux qui pensent qu’il est le GOAT qu’il devrait être plus haut je vous respecte, même si à mons sens il a eu trop de ratés, au niveau qualité, c’est pour ça qu’il n’est pas numéro 1, mon numéro 2 ne bouge pas...

Morceaux notables : "I Gave You Power", "NY State of Mind", "Halftime", "The Message", "One Mic", "2nd Childhood", "You Da Man", "Take It In Blood", "Daughters", "Bye Baby", "Nas Is Like", "Undying Love", "Blaze a 50", "Fœtus", "The World Is Yours".

Featurings marquants : "Live at the BBQ" avec Main Source, Joe Fatal et Akinyele, "Back To The Grill" avec MC Serch, Red Hot Lover Tone et Chubb Rock, "Verbal Intercourse" avec Raekwon et Ghostface Killah, "Eye For an Eye (Your Beef Is Mine)" avec Mobb Deep et Raekwon, "Give It Up Fast" avec Mobb Deep et Big Noyd, "In Between Us" avec Scarface, "Black Republican" avec Jay Z, "Mo’Money, Mo’ Murder (Homicide)" avec AZ.

Albums classiques ou incontournables : Illmatic (1994), It Was Written (1996), Stillmatic (2001), Lost Tapes (2002), Life Is Good (2012).


2.The Notorious B.I.G.



Voletta Wallace, lors d’une interview donnée à XXL en l’honneur d’un article célébrant l’anniversaire de la mort de son fils Christopher, avait annoncé la couleur dès le départ : "Ready To Die était un gros mensonge".

Quoi ? Comment ? Tout n’était pas vrai dedans ?

Apparemment non, et c’est pas grave. Les rappeurs sont aussi et surtout des conteurs, et Biggie était l’un des meilleurs d’entre eux avec Scarface et Nas.

Illustration sur le troisième couplet de "Somebody’s Gotta Die", quand la revanche est censée prendre forme, un modèle de storytelling avec une chute...Inattendue :


"Exchanged hugs and pounds before the throw down

How it's gon' go down?

Lay these n...s low-down

"Slow down, ah, fuck all that plannin' shit

Run up in they cribs and make the cats abandon ship!"

See n...s like you do ten-year bids

Miss the n...a they want and murder innocent kids

Not I

One n...a's in my eye, that's Jason

Ain't no slugs gonna be wasted

Revenge I'm tastin' at the tIP of my lIPS

I can't wait to fill my clIP in his hIPS

"Pass the chocolate, Thai!"

Sing ain't lie

There's Jason with his back to me

Talkin' to his faculty

I start to get a funny feeling

Put the mask on in case this n...a start squealin'

Scream his name out: ("Ay yo, playboy!")

Squeezed six, nothin' shorter

N...a turned around holdin' his daughter"


Au départ il échange des accolades avec son pote pour signaler que c’est l’heure d’y aller,

"Comment on procède ? Descendons les

Pas besoin de plan, faisons en sorte que les chats abandonnent le bateau"

Biggie répond à son pote négligeant que les gars comme lui "font des peines de 10 ans et en plus ratent le gars qu’ils venaient tuer, pire encore tuent des enfants innocents sans faire exprès" mais pas lui.

"La revanche est là, toute proche, aucune balle ne sera gâchée"

Ensuite je voudrais m’attarder sur la phase suivante, il utilise une double rime interne en "ip" puis en "ips", "tip" puis "lips" et en dessous "clip" puis "hips", j’ai mis en majuscule les passages en question.

Il a un mauvais pressentiment quand il voit sa cible, met son masque au cas où le gars survivrait et témoignerait, crie son nom "Ay yo, playboy", tire 6 fois, pas une de moins, quand Jason se retourne, il tient sa fille dans ses bras...

Mais Biggie étais plus qu’un conteur, il était aussi capable de nous éblouir avec son flow, deux exemples :

  • "Gimme The Loot", là il nous fait tout simplement deux voix, la première ressemble à la sienne, la deuxième est plus haut perchée. Le point commun des deux personnages : ils sont sans pitié.

  • "Notorious Thugs" en compagnie de Bone Thugs N Harmony. Le flow des protégés à Eazy-E était un des plus durs à reproduire, Biggie une fois encore nous donne une leçon de contrôle de la respiration et en même temps leur donne une leçon à eux ah ah...

Si vous souhaitez des émotions, écoutez "Suicidal Thoughts", dont les premières mesures sont absolument captivantes :


"When I die, fuck it, I wanna go to hell

Cause I'm a piece of shit, it ain't hard to fuckin' tell"

"A ma mort, rien à foutre, je veux aller en Enfer

Parce que je suis une merde, putain c’est facile à voir"


Combien de rappeurs ont imaginé leur suicide pour conclure un de leurs albums ? Facile : 0.

Si vous souhaitez un concept écoutez "Just Playin’ (Dreams)", ce morceau a inspiré 50 Cent quand il a écrit "How To Rob An Industry N...a". Notorious B.I.G. imagine un monde où il saute (désolé il n’est pas romantique là) toute une flopée de chanteuses anciennes ou récentes.

Un aspect de son arsenal lyrical trop sous estimé à mon sens est son humour. Un exemple sur "Friend Of Mine" :


"She's saying I dissed her 'cause I'm fucking her sister

A message to the fellas, that really gets 'em pissed, uh"

"Elle dit que je me suis foutu de sa gueule parce que je baise sa sœur

Un message pour les gars, ça les énerve vraiment, hein"


J’ai encore rigolé en l’écoutant.

The Notorious B.I.G. est incontournable dans n’importe quelle liste. Qu’il soit numéro 2 dans la mienne tient de la subjectivité, je le sais mais aussi de l’objectivité. Il était tellement brillant. A l’aise dans tous les styles, "Playa Hater" est un troll énorme où il chante (oui oui avant Lauryn Hill et Drake).

La palette d’émotions qu’il est capable de faire ressentir en seulement deux albums et un nombre incroyable de featurings, avec des punchlines monumentales comme "i get more butts than ashtrays", sur le remix de "Flava In Ya Ear" de Craig Mack, le rend inévitable.

Morceaux notables : TOUTE SA DISCOGRAPHIE. Nan je déconne je vais être spécifique : "Warning", "Unbelievable", "Who Shot Ya", "Gimme The Loot", "Kick In The Door", "10 Crack Commandments", "N...s Bleed", "The What", "Things Done Changed", "Somebody’s Gotta Die".

Featurings marquants : "Brooklyn’s Finest" avec Jay Z, "Can’t You See" avec Total, "Flava In Ya Ear (RMX)" avec Craig Mack, Busta Rhymes, Rampage et LL Cool J, "Only You Bad Boy Remix" avec 112, "Victory" avec Puff Daddy et Busta Rhymes, "Young G’s" avec Puff Daddy, Kelly Price et Jay Z.

Albums classiques : Ready To Die (1994), Life After Death (1997).


1.Jay-Z



Mettre Shawn Carter en numéro 1 n’est pas un délire de groupie, je suis trop vieux pour ces conneries, c’est pour moi d’une logique froide et implacable.

Et dire que Reasonable Doubt devait être son seul album...

Mais comme il l’a dit en interview : "je suis devenu accroc, comme ces toxicos que je servais, dépendant à l’écriture, à mettre des mots ensemble".

Quand j’ai lu DECODED pour la première fois j’ai reçu des infos que j’avais déjà, beaucoup, mais j’ai aussi appris énormément de choses, l’un d’entre elles était à propos de l’un des morceaux relativement obscur de Jay Z.

"Coming Of Age 2 (Da Sequel)" en compagnie de Memphis Bleek apparaît sur Vol 2. Hard Knock Life, le troisième album de Hov. C’est évidemment la suite du premier apparu sur RD, là le personnage joué par Memphis Bleek est monté en grade, et malgré sa volonté de rester loyal à son boss, son entourage le pousse à faire un coup d’état. Le son parle de la lutte interne qui ronge Memphis Bleek , mais pas seulement et c’est là que cela devient fascinant : Jay Z a senti le truc venir, et réfléchi à l’attitude à avoir vis à vis de son protégé.

Là où le morceau devient anthologique c’est que chaque couplet À PART LA DERNIÈRE PHRASE RELATE LES PENSÉES DES DEUX PROTAGONISTES EN TEMPS RÉEL (obligé de mettre des majuscules, désolé pour vos yeux😂). La timeline est de à peine 30 secondes sur la totalité du son.

Extrait, le deuxième couplet en intégralité :

Jay Z : "Look at that fake smile he just gave me, it's breaking my heart

Should I school him or pull the tools out and just break him apart?

I felt his hatred it was harsh -- 'fore this faking shit start

I should take him in back of the building and blaze him

Bleek : Uh-oh, this nigga Jay, he ain't slow, he musta picked up on the vibe

But had I not been so high, I woulda been able to hide

Tried to cover up myself, as I gave him a five

Hugged him as if I loved him, to the naked eye

It woulda seemed we was the closest, but to those that know us

Could see that something was about to go down

Stay focused, I'm trying to concentrate

But it's like he's reading my mind

As if he can see through this fog and all this weed in my mind

Could he see I had plans on, being the man

Ever since we first spoke and he put that G in my hand

And I gave it back to show him, I was down for the cause

As he approached ("Whattup Bleek?") and I paused"

Jay Z : "regarde moi ce faux sourire qu’il vient de me faire, ça me brise le cœur

Devrais-je juste lui donner une leçon ou sortir les outils et le brIser en deux ?

J’ai senti sa haine c’était brutal, avant toute cette hypocrisie

Je devrai l’amener derrière ce building et le cribler de balles

Bleek : oh ok ce gars Jay, il est pas lent, il a dû sentir la vibe

Mais si j’avais pas été si défoncé j’aurai pu me cacher

Essayer de me masquer, pendant que je le saluais

Lui donnais l’accolade comme si je l’aimais, à l’œil nu,

On aurait pu croire que nous étions les plus proches mais ceux qui nous connaissent savent qu’un truc allait se passer,

Concentre toi, j’essaie de me concentrer

Mais c’est comme si il lisait mes pensées,

Comme si il pouvait voir à travers la fumée et toute cette weed dans mon cerveau,

Pouvait il voir que j’avais des plans, pour devenir le boss

Depuis que nous avons parlé la première fois, et qu’il m’a donné ces 1000$

Que j’ai refusé pour lui montrer ma loyauté (note : les 3 dernières lignes sont une

référence au premier "Coming Of Age")

Pendant qu’il approchait "Quoi de neuf Bleek"

Je me suis bloqué"


Jay Z est un rappeur totalement conscient de sa valeur et donc de son status, y compris avant de devenir "larger than life". Cela nous a valu des couplets forts techniquement, et éloquents avec l’utilisation de l’hyperbole comme sur "U Don’t Know" :


"I sell ice in the winter, I sell fire in hell

I am a hustler, baby, I'll sell water to a whale

I was born to get cake, move on and switch states

Cop the coupe with the roof gone and switch plates

Was born to dictate, never follow orders

Dickface, get your shit straight, fucker, this is Big Jay"

"Je vends de la glace en hiver, je vends du feu en enfer

Je suis un hustler bébé, je pourrai vendre de l’eau à une baleine

Je suis né pour gagner du blé, me bouger et changer d’états

J’achète le coupé avec le toit dégagé puis je change les plaques

Né pour imposer, ne jamais suivre les ordres

Tête de bite, reprends toi, connard, ici c’est le gros Jay"


Le couplet est non seulement lourd en signification de sa supériorité, mais comment c’est dit prouve son ascendant. Les doubles rimes internes sont légions, le rimes classiques tout autant (Ice/fire, winter/hell, puis hell/whale, states/plates, dictate/dickface, orders/fucker).

Pourquoi lui est numéro 1 et Nas numéro 3 (on touche pas à Biggie) ? Jay Z sait mieux choisir ses instrus, même si il s’est loupé quelques fois bien sur, avec une carrière aussi longue il y a forcément des passages moins bons, mais dans l’ensemble ses choix artistiques sont plus que judicieux.

J’assimile cette qualité au "playing hard is a skill", "jouer dur est une compétence, un talent" de Jeff Van Gundy à propos de certains joueurs NBA moins bons et talentueux que d’autres, sauf que là on parle d’un talent générationnel.

Là réside la raison principale de sa constance en qualité, combien de rappeurs peuvent sortir un album comme 4:44 aussi tard dans leur carrière (21 ans après son premier album)?

Sans aller aussi loin : The Blueprint est sorti 5 ans et 5 albums après Reasonable Doubt, je me rappelle des critiques qui disaient que c’était l’album dont tout le monde pensait Jay-Z capable sans pour autant croire qu’il réussirait.

Une autre preuve que cette place de premier n’est pas usurpée ? L’un de ses PIRES albums est In My Lifetime Vol 1. Son deuxième. Sorti en 1997 l’année de la mort de Biggie, dont il était très proche. Dessus on trouve quelques uns des meilleurs morceaux de sa discographie.

"You Must Love Me", trois couplets consacrés à des excuses à 3 membres différents de sa vie, un pour sa mère, à qui il avait vendu du crack quand il avait 12 ans. Le deuxième pour son frère Eric, sur qui il a tiré lors d’une crise de manque (son frère aîné fut un toxicomane), le troisième pour une ex, à qui il avait confié une "cargaison" pour laquelle elle s’était fait arrêter. Il joue donc le méchant qu’on déteste aimer sur ce morceau.

Un extrait de "Where I’m From" a été confié à Benny The Butcher dans la rubrique Rate The Bars, il avait totalement halluciné et donné un parfait 5/5 à l’écoute.

Le sarcasme est une arme puissante, pas besoin de dire la vérité, juste une ironie bien placée peut faire très mal. GOAT le sait et l’utilise mieux que quiconque dans le rap.

Arrive donc "Imaginary Player" où il est question des copieurs de style et des "dickriders". La partie la plus intéressante du morceau arrive vers sa fin dans l’outro, quand Jay-Z ne rappe plus mais parle, en s’adressant à un "fan", qui a la mauvaise idée de lui demander la différence entre deux modèles de Range Rover, la 4.0 et la 4.6 :


"Ask me some stupid shit like

"Yo, yo dog, what’s the difference between a 4.0 and a 4.6?"

Like 30 to 40 grand, cocksucker, beat it! Haha

Yo, them shits even got leathers?"

"Me pose une question débile comme

"Yo poto quelle est la différence entre le 4.0 et le 4.6?"

De 30 à 40 mille, suceur, lâche l’affaire! Ah ah

"Yo elles ont aussi les sièges en cuir ?"


Tout le monde sait que la différence entre un 4.0 et 4.6 n’est pas JUSTE le prix, mais aussi la taille du moteur. Jay Z s’en fout de ce détail, et le montre à ce pauvre gars.

Une autre illustration de cette capacité à faire passer des messages en étant très minimaliste au début de "Story Of O.G." :


"I’m not Black, I’m OJ....OK"


La pause qu’il marque après "OJ" est digne d’un comique en plein stand up, la citation de OJ Simpson est détournée et tournée en ridicule.

Jay Z est le GOAT chez moi. C’est pas négociable. Sa musique change des vies. Il a même osé s’excuser dans "4:44" de son adultère, pour lequel il s’est fait tabasser par sa belle sœur dans un ascenseur.

Ses featurings foutent le bordel sur tous les réseaux sociaux.

Il fascine plus encore depuis qu’il a viré politique dans ses lyrics.

Morceaux notables : "D’Evils", "Politics As Usual", "Where I’m From", "No Hook", "Blue Magic", "Say Hello", "The Dynasty (Intro)", "You Must Love Me", "Hard Knock Life", "Ride Or Die", "4:44", "Story Of O.J.", "Can I Live", "Where Have You Been".

Featurings marquants : "I Love The Dough" avec Biggie, "Drugs Dealer Anonymous" avec Pusha T, "Talk Up" avec Drake, "The Devil Is a Lie" avec Rick Ross, "Monster" avec Kanye West, Rick Ross et Nicki Minaj, "Clique" avec Kanye West, et Big Sean, "3 Kings" avec Rick Ross et Dr Dre, "Black Republicans" avec Nas, "Diamonds From Sierra Leone (RMX)" avec Kanye West, "It’s On" avec Beanie Sigel.

Albums ou mixtapes classiques : Reasonable Doubt, The Blueprint, Black Album, S.Carter Mixtape, American Gangster, 4:44, Vol 2 Hard Knock Life.



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