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The Art of Storytelling : Ice Cube

  • Photo du rédacteur: David
    David
  • 19 mars 2020
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 avr. 2020

L’art du storytelling : Le fait de conter des histoires dans le Hip hop mérite d’être mis en lumière, et les meilleurs dans ce domaine (Biggie, Nas, Scarface, Murs ou Slick Rick par exemple) n’ont rien à envier aux meilleurs écrivains. Je vais donc expliquer et démontrer comment et pourquoi certains morceaux peuvent nous emmener dans un monde où les limites ne sont définies que par l’imagination du MC.



Pour la deuxième entrée de cette rubrique j’ai choisi un classique de Ice Cube

Titre : "Alive On Arrival" de Ice Cube

Album : Death Certificate (1991) Production : Ice Cube, The Boogie Men (DJ Pooh, DJ Bobcat et Rashad)

Public Enemy avait déjà consacré un morceau à la lenteur et l’incompétence des services d’urgence dans les ghettos américains, cependant là où "911 is a Joke" était une satire virulente et précise rappée par Flavor Flav, ce qui lui donnait un coté parodique et léger, "Alive On Arrival" est une histoire racontée à la première personne par Ice Cube. Le côté réaliste et dramatique est privilégié par l’ex NWA.


Le premier couplet est consacré la fusillade qui amène le narrateur à l’hôpital. Sa surprise de s’être fait tirer dessus est particulièrement touchante. "That's when the blue car surfaced Oh why did fools have to let loose? Heard six pops from a deuce-deuce Big Tom had to push us Thirteen n...s runnin' straight to the bushes For they gats so they can draw down But why a motherfucker like me have to fall down?" (C’est quand la voiture bleue est apparue Oh pourquoi les idiots ont dû tout lâcher ? J’ai entendu 6 coups de feu d’un 22 Big Tom a dû nous pousser Treize gars courant vers les buissons Pour récupérer leurs flingues afin de riposter Mais pourquoi un connard comme moi doit tomber ?) La suite est le narrateur qui découvre qu’il a été blessé : "Only ran one block, but my shirt is soakin' wet Tryna see if we got 'em Looked down and my sweatshirt's red at the bottom Didn't panic but I still looked cracked out Yelled to the homies then I blacked out" (J’ai couru seulement sur un pâté de maisons Mais mon t-shirt est complètement mouillé Nous essayons de voir si nous les avons eu Je regarde en bas, mon sweat est rouge J’ai pas paniqué mais j’avais quand même l’air défoncé J’ai hurlé puis me suis évanoui) Entre le premier et le second couplet, pas de refrain, mais un interlude pour nous dire où en est le narrateur : il s’est évanoui, donc ses potes essaient de le réveiller. Le second couplet est l’arrivée à l’hôpital et le début du cauchemar, avec l’apparition de la police, et la lenteur des services d’urgence, surtout quand tu es noir. "On my way to MLK That's the county hospital, jack, ha Where n...s die over a little scratch Sittin' in the trauma center In my back is where the bullet entered "Yo, nurse, I'm gettin' kinda warm!" Bitch still made me fill out the fuckin' form Coughin' up blood on my hands and knees Then I heard, "Freeze, n...a ! Don't move!" Yo, I didn't do a thing Don't wanna go out like my man Rodney King" (En chemin pour MLK (Martin Luther King) C’est l’hôpital public mec, Où les gars meurent pour une égratignure Assis au centre de traumatologie La balle est entrée par le dos "Yo, infirmière, je commence à avoir chaud" La salope m’a quand même fait remplir le formulaire J’ai toussé, du sang sur mes mains et mes genoux Puis j’ai entendu, "pas un geste n...o, ne bouge plus !" Je suis resté immobile Pas envie de finir comme mon pote Rodney King) La suite est aussi triste qu’édifiante : "Internal bleeding as the bullet starts to travel Now I'm handcuffed Being asked information on my gang affiliation "I don't bang, I rock the good rhymes And I'm a victim of neighborhood crime." (Hémorragie interne alors que la balle commence à voyager Maintenant je suis menotté On me demande dans quel gang je suis "Je ne suis pas dans un gang, j’envoie des rimes lourdes Et je suis victime d’un fait divers") Lors du deuxième interlude c’est la police qui entre en jeu : "Are you the only one who got shot? What kinda gun was he carrying? Do you know who it was? (No, man, don't know who it was, man) Are you in a gang? (Man, what does it matter, man? I'm shot)" (Es tu le seul qui s’est fait tirer dessus ? Quel type de pistolet avait il ? Sais tu qui c’était ? (Non mec, je savais pas qui c’était) Es tu dans un gang ? (Mec c’est quoi ça ? On m’a tiré dessus)) Lors du troisième couplet la situation passe de triste à pathétique : "I need to see a MD And y'all motherfuckers giving me the third degree? Look at the waiting room It's filled to the rim like the county jail day room Nobody gettin' help Since we poor, the hospital it moves slow Now I'm laid out People steppin' over me to get closer to the TV Just like a piece of dog shit Now will I die on this nappy ass carpet?" (J’ai besoin de voir un médecin Et cette bande d’enculés veut me donner le troisième degré*? Regarde la salle d’attente Elle est pleine comme la salle des visites conjugales en prison Personne ne se fait aider Comme nous sommes pauvres, l’hôpital avance lentement Je suis maintenant avachi Des gens me marchent par dessus pour s’approcher de la télé Comme une merde de chien Vais je vraiment mourrir sur ce tapis degueu ?) *Il y a 3 catégories de meurtres aux USA, le troisième est le moins grave, mais le narrateur pourrait tout de même finir en prison. Oui c’est une possibilité même si il a tiré sur personne. La suspicion d’appartenance à un gang pourrait être problématique vis à vis des pouvoirs publics, ce qui accentue le drame qui se joue contre le personnage principal. Le dénouement approche, et notre narrateur est à bout : "They call my name and put me in ICU Halfway dead No respect, and handcuffed to the bed Now the drama starts Cause the bullet must be just a hair from my heart Then I begin the ass kissin' Just to get looked at, by a overworked physician Had the chills, but my temperature's a hundred and three Only got a band-aid and a IV That's when I start cussin' Police steady askin' me who did the bustin'" (Ils m’appellent et me mettent en soins intensifs Maintenant ça devient dramatique Parce que la balle est à un cheveu de mon cœur Je commence à leur lécher le cul Juste pour être ausculté par un praticien débordé J’avais des frissons, mais ma température était à 39,5 On m’a juste fait un pansement et une intraveineuse Là j’ai commencé à insulter Mais la police me demande toujours qui a tiré) Après un autre interlude où la police interroge encore le narrateur, et où on apprend qu’il sait qui lui a tiré dessus (des membres d’un gang, sans vraiment de surprise), le dernier couplet très court (car la fin de vie du narrateur arrive de manière soudaine), et son épilogue viennent conclure le morceau. "Why, oh why, can't I get help? Cause I'm black, I gots to go for self Too many black bodies the hospital housin' So at 10 p.m, I was Audi 5000" (Pourquoi, oh pourquoi je ne peux pas obtenir de l’aide ? Parce que je suis noir, je dois me débrouiller Trop de cadavres noirs sont ébergés à l’hôpital Donc à 22h, j’ai disparu*) *Audi 5000 était l’argot de "outie" qui voulait dire "je me casse". En l’occurrence le narrateur meurt, on entend l’électrocardiogramme à plat à la fin du morceau. Le génie de prime Ice Cube était d’être très précis. Le quand, comment et où sont très clairs. Le pourquoi est flou car il n’y pas de raison définie au drame du narrateur. Il se fait tirer dessus juste parce qu’il est avec les mauvaises personnes ou pire, sans faire exprès. Une balle perdue quoi...




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