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The Art of Storytelling : Murs

  • Photo du rédacteur: David
    David
  • 7 avr. 2020
  • 4 min de lecture

L’art du storytelling : Le fait de conter des histoires dans le Hip hop mérite d’être mis en lumière, et les meilleurs dans ce domaine (Biggie, Nas, Scarface, Murs ou Slick Rick par exemple) n’ont rien à envier aux meilleurs écrivains. Je vais donc expliquer et démontrer comment et pourquoi certains morceaux peuvent nous emmener dans un monde où les limites ne sont définies que par l’imagination du MC.



Aujourd'hui le MC à l'honneur est Murs.


Titre : "Trevor An'Them" de Murs & 9th Wonder

Album : Murs 3:16 : The 9th Edition (2004)

Production : 9th Wonder


Quand j’avais 19 ans il m’est arrivé un truc bizarre. Un gars que j’aimais pas et qui ne m’aimait pas non plus m’a fait une proposition : "ça te dit qu’on aille faire une porte de suite, la voiture n’est pas loin il faut faire vite" Faire une porte veut dire une "porte ouverte", en gros il faut ouvrir la porte avant d’une grosse voiture pour prendre le sac de la femme présente, ou n’importe quel objet de valeur. Ça peut marcher aussi pour une des portes arrières si en observant le véhicule les asseyants ont repéré des biens sur la banquette arrière. J’ai décliné bien entendu et ça s’est arrêté là. Cette anecdote indique que quand on habite dans un endroit où la délinquance est présente (j’ai jamais habité dans une cité ou un endroit dangereux hein) nous sommes susceptibles de tomber sur des "connaissances" particulières... Murs a deux points forts dans son arsenal, le storytelling et l’humour, qui va avec son cousin germain : le sarcasme. Sur "Trevor An’ Them" il en fait usage à la perfection. Nous fait rire de bon cœur même. Au début du morceau il nous situe la scène, et la première interaction avec le fameux Trevor. "Now there's one in my hood off Pico or some shit Through the years it's been the epicenter for a lot of dumb shit Let me tell you about this one trip to the store On the early mornin' tip some time 'round four I was standing by the magazines readin' a Maxim When I heard a familiar voice to the the counter dude and ask him To empty out the register (Nah, that can't be Trevor)" (Il y a un gars dans mon quartier à Pico Qui fut pendant des années l’épicentre de beaucoup de conneries Laissez moi vous raconter cette visite au magasin C’était tôt le matin, vers quatre heures Je me tenais face aux magazines, lisant un Maxim Quand j’ai entendu une voix familière parler au vendeur et lui demander De vider la caisse (non ça peut pas être Trevor)) La suite est digne du Dîner de con dans le "hood". "Excuse me, Tiny T-Bone from the neighborhood gang Who if his head wasn't screwed on he would lose his brain He was with two other dudes, never knew their names I thought great, it was time for me to shake But as I headed to the door I heard a voice say ("Wait!") When I turned around, he recognized me and I knew it I was about to leave, that's when that nigga blew it He lifted up his mask and said ("Hey Murs, it's me, Trevor") I said "You dumb motherfucker do you use your brain, ever?" (Pardonnez moi Tiny T-Bone du gang des environs Qui si sa tête n’était pas accrochée il perdrait son cerveau Il était avec deux autres gars, jamais su leurs noms Je me suis dit qu’il était temps de partir Mais en me dirigeant vers la porte j’ai entendu : "Attends !" Quand je me suis retourné, il m’a reconnu et je le savais J’étais presque dehors, c’est là qu’il a tout foutu en l’air Il a relevé son masque et m’a dit "hey Murs c’est moi Tevor" Je lui ai répondu : "espèce de con il t’arriver d’utiliser ton cerveau parfois ?")


La suite est de mieux en mieux, Trevor enchaîné les bourdes et Murs ne sait plus quoi faire... "Never mind, I turned around gave the deuce Walkin' to the car feelin' like Q in Juice Remember when he went in the bar and Blizzard let him loose? Anyway here comes this nigga running, big bag of money He hopped in my ride, I said "You God damn dummy They got yo ass on tape" ("But they didn't see my face") "Well they got my car and my fuckin' license plate Man get the fuck on" ("Murs, why you gotta hate?") "Hate nor love got shit to do with this You better run for the fives come through this bitch You know you got two strikes, you better use them new Nikes To dodge all them blue lights" He looked and said ("You right") Then he bolted up the street Once he left my sight I gave a sigh of relief But that was right before I peeped, this dumb motherfucker Left the bag full of money sitting right there on my passenger seat" (Bon peut importe, j’ai payé et Me suis dirigé vers ma voiture me sentant comme Q dans Juice Vous vous souvenez quand il est allé dans le bar et que Blizzard l’a laissé partir ? Bref arrive ce mec avec son sac plein de fric Il saute dans ma caisse, je lui dis "espèce d’abruti, il t’ont sur la vidéo ("Mais ils n’ont pas ma tête") -"et bien ils ont ma voiture et ma plaque" -"Mec monte putain ("Murs pourquoi tu dois faire le hâter ?") La haine ou l’amour n’ont rien à voir avec tout ça Tu vas devoir courir avant que les flics arrivent sur les lieux Tu sais que tu as deux strikes*, t’as intérêt d’user tes Nikes Pour éviter toutes ces lumières bleues, il m’a regardé et répondit ("T’as raison") Puis s’est enfui de la rue Quand il a disparu de ma vue, j’ai poussé un soupir de soulagement Mais c’était avant de regarder, ce con fini avait laissé le sac plein de fric sur mon siège passager)

*La loi des 3 strikes disait que si quelqu’un avait commis deux délits au troisième même sans gravité il pouvait être enfermé pour 15 ans minimum. Comme promis les 2 samples utilisés par 9th Wonder pour réaliser le beat:


"If It Don’t Turn You On (You Outta Leave It Alone)" de B.T. Express



"End to End Burners" de Company Flow




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