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The Art of Storytelling : J. Cole

  • Photo du rédacteur: David
    David
  • 25 mars 2020
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 avr. 2020

L’art du storytelling : Le fait de conter des histoires dans le Hip hop mérite d’être mis en lumière, et les meilleurs dans ce domaine (Biggie, Nas, Scarface, Murs ou Slick Rick par exemple) n’ont rien à envier aux meilleurs écrivains. Je vais donc expliquer et démontrer comment et pourquoi certains morceaux peuvent nous emmener dans un monde où les limites ne sont définies que par l’imagination du MC.



Après Yonkers et South Central nous allons en Caroline du Nord pour la troisième entrée de "L’art du Storytelling". Sans plus attendre voilà la suite de notre série :

Titre : "Wet Dreamz" de J. Cole

Album : 2014 Forest Drive (2014) Production : J. Cole



On commence avec ce sample fabuleux de "Mariya" par le groupe Family Circle, puis le breakbeat oh combien reconnaissable de "Impeach The President" par les Honeydrippers arrive et là le ton est donné. Tendre et brutale en même temps comme le sexe, la production de J. Cole est parfaite.



Le premier couplet est celui de la découverte de l’objet de son affection, la description de sa beauté aussi, en classe ça flirte innocemment. Mais ensuite le couplet devient sensuel, sexuel même.


"Man, it wasn't nothin' like that first time, she was in my math class

Long hair, brown skin with a fat ass

Sat beside me, used to laugh, had mad jokes

The teacher always got mad so we passed notes

It started off so innocent"


(Mec, rien n’est mieux que la première fois, elle

Était dans ma classe de math

Cheveux longs, peau marron avec un cul bombé

Elle était assise à côté de moi, on rigolait, c’était une blagueuse

Le prof n’aimait pas ça alors on se passait des mots

Ça a commencé innocemment)


La suite du couplet devient moins chaste, il se met à imaginer... Et donc il parle de son érection, la ligne reviendra au deuxième couplet...Comme une sorte de gag récurrent.


"But a n...a couldn't wait to get to school

‘Cause when I seen them thighs on her

And them hips on her and them lips on her

Got me daydreamin', man, what

I'm thinkin' how she rides on it, if she sits on it, if she licks on it

Make it hard for me to stand up

As time goes by, attractions gettin' deep and

Wet dreamin', thinkin' that I'm smashin' but I'm sleepin'

I want it bad, and I ain't never been obsessed before

She wrote a note that said, "You ever had sex before?"

Damn…"


(Mais le gars n’en pouvait d’attendre d’aller à l’école

Parce que quand je voyais ces cuisses

Et ces hanches, et ces lèvres

Je rêvasse, mec,

Je l’imagine me chevauchant, sur moi,

Me léchant,

Rendant la chose difficile pour moi de me lever

Le temps passait, notre attraction devenait plus forte,

Des rêves érotiques, croyant baiser mais je dormais

Je la veux si fort, et j’ai jamais été obsédé avant

Elle m’a écrit un mot : "L’as tu déjà fait ?"

Putain...)


Le refrain est basique avec cette phrase répétée :



"And I ain't never did this before, no"


(Et je n’ai jamais fait ça, non)


Cole nous rappelle qu’il s’apprête à mentir à la fille.


Lors du deuxième couplet, le mensonge sur le refrain prend forme dès les premières lignes.

Le passage à l’acte devient concret car la mère de la jeune fille est "partie pour le week-end" et c’est elle qui prend les devants en proposant à Jermaine de venir chez elle. L’unité de temps est très rapide puisqu’on reprend directement où le premier couplet s’arrête, le mot en classe...


"I wrote back and said

"Of course I had sex before," knowin' I was frontin'

I said, "I'm like a pro, baby," knowin' I was stuntin'

But if I told the truth, I knew that I'd get played out, son

Hadn't been in pussy since the day I came out one

But she don't know that, so she done wrote back and told me

"Oh, you a pro, homie? Well, I want you to show me

My mama gone for the weekend

So Saturday, baby, we can get to freakin'."

That's when my heart start racin' and my body start sweatin'

Baby, you done woke my lil' man up

I'm thinkin' how that body look naked when you layin' on the bed

Teacher, please, don't make me stand up

I wrote back like, "Yeah, baby, sound like a plan."

Still tryna play it cool, sound like the man

But I was scared to death, my nigga, my stomach turnin'

Talkin' shit, knowin' damn well I was a virgin

Fuck..."


(J’ai répondu en écrivant : "bien sûr que je l’ai déjà fait" en sachant que je mentais

J’ai dit "je suis un pro" en sachant que je me la racontais

Mais je disais la vérité on se serait moqué de moi,

Je n’ai plus été dans une chatte depuis ma naissance

Mais elle le sait pas, elle m’a donc répondu : "oh t’es un pro ? Et bien je veux que tu me montres tout ça, ma mère part pour le week-end, donc samedi bébé, on pourrait se chauffer"

C’est là que mon cœur a commencé à battre la chamade, mon corps à transpirer

Bébé tu as réveillé mon petit bonhomme

Je pense à ce corps tout nu sur ton lit

S’il vous plaît professeur ne me faites pas me lever

J’ai répondu : "ouais, bébé, on dirait que ça va se passer"

J’essayais de la jouer à la cool, de faire le mec

Mais j’étais apeuré, poto, mon estomac retourné

J’ai dit de la merde, et je savais très bien que j’étais vierge

Putain...)


Au troisième couplet, on passe aux choses sérieuses. Mais pas seulement : le questionnement qu’un mec vierge peut avoir est exprimé en détails, mais là en plus il y a le mensonge à assumer...


"You know that feelin' when you know

You finna bone for the first time?

I'm hopin' that she won't notice it's my first time

I'm hopin' that my shit is big enough to fuck with

And most of all I'm prayin', "God, don't let me bust quick!"

I'm watchin' pornos, tryna see just how to stroke right

Practice puttin' condoms on—how it go, right?

I'm in her crib, now a nigga palms sweatin'

With a pocket full of rubbers and an erection

That's when my hands start touchin'

And her face start blushin' and a n...a roll over on top

And then she get my pants unbuckled

And her hands start rubbin' on me, ooh girl, don't stop

It's time for action

Pull out the condoms real smooth, yeah, just how I practiced

But right before I put it in, she flinched and grabbed it

And said, "I wanna get somethin' off my mental

I can tell you're a pro, but baby, be gentle, ‘cause—"


(Tu connais ce feeling quand tu es sur le point de baiser pour la première fois

J’espère qu’elle va pas voir que c’est ma première fois

J’espère que mon machin est assez grand pour baiser

Et plus que tout je prie "dieu ne me laisse pas éjaculer trop vite"

Je regarde du porno, et essaie d’apprendre comment caresser correctement*

Je m’entraîne à enfiler des capotes, ça s’est bien passé hein ?

Je suis chez elle, maintenant j’ai les paumes qui transpirent

Avec les poches remplies de capotes et une érection

C’est là que les mains se touchent

Et son visage rougit et que le gars se met sur elle

Puis elle me déboutonne le pantalon

Et ses mains me caressent, oh bébé ne t’arrête pas

Il est temps pour l’action

Je sors les capotes calmement, oui comme j’ai appris

Mais juste avant que je la mette dedans elle a tressailli et me l’a attrapée

Et m’a dit "j’ai quelque chose à t’annoncer qui me prend la tête [SPOILER ALERT]

Je vois que tu es comme un pro mais bébé soit tendre car**...")


*ne faites pas ça. Le porno c’est pas pour apprendre le sexe...

**Là la nana ne finit pas la phrase car le refrain la finit pour elle


J.Cole est un des artistes les plus appréciés de la nouvelle génération. Son côté proche du peuple le rend spécial aux yeux de ses fans.

Ce morceau est la démonstration de sa force en tant qu’artiste et être humain.

Il est capable de ressentir ou faire ressentir les émotions les plus fortes avec ses mots.

Et quelle émotion est plus forte que celle de perdre sa virginité (en dehors de l’une de ses conséquences... Être parents....) ?


Petits bonus, les 2 samples originaux utilisés par J. Cole pour ce titre:






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